Madrid a respiré un air pollué toute l’année 2024
En 2024, la Communauté de Madrid a connu une année marquée par un problème environnemental et sanitaire majeur : l’ensemble de sa population a respiré un air pollué au-delà des limites fixées par la nouvelle législation européenne pour 2030. Cette situation, qui concerne plus de sept millions de personnes, compromet la qualité de vie et représente un risque réel pour la santé ainsi qu’un coût économique de plusieurs milliards d’euros.
Malgré certaines améliorations concernant des polluants courants comme les particules fines ou le dioxyde d’azote, la hausse de l’ozone troposphérique durant les mois les plus chauds a déclenché toutes les alertes. Ce gaz, polluant secondaire directement lié au changement climatique, est devenu le principal point noir de l’année.
Contexte général
L’analyse des données issues des stations de mesure réparties sur le territoire montre que les habitants de Madrid ont respiré un air dépassant les nouveaux seuils fixés par la directive européenne adoptée en 2024. Cela signifie que, malgré certains progrès, la région continue de ne pas respecter globalement les objectifs de qualité de l’air.
En comparant les niveaux de pollution de 2024 avec ceux des années précédentes, y compris avant la pandémie, on observe des baisses notables des PM₁₀, PM₂.₅ et du dioxyde d’azote, comprises entre 5 % et 38 %. Toutefois, l’ozone troposphérique a augmenté d’environ 30 % par rapport à l’année précédente, atteignant des niveaux inédits depuis plus de dix ans.
Les polluants en détail
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PM₁₀, PM₂.₅ et NO₂:
Bien que des améliorations aient été constatées, ces polluants dépassent encore les valeurs recommandées par l’Organisation mondiale de la santé et la nouvelle réglementation européenne. Ils proviennent principalement du trafic et de l’activité industrielle et affectent la santé humaine ainsi que les écosystèmes. -
Ozone troposphérique (O₃):
Il s’est révélé être le polluant le plus problématique en 2024. Les vagues de chaleur estivales ont favorisé sa formation. Plus de 200 dépassements du seuil d’information ont été enregistrés, affectant la capitale et son aire métropolitaine.
Facteurs aggravants
La pollution à Madrid est principalement liée à deux sources majeures :
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Le trafic routier, particulièrement dense dans la capitale et sur des axes comme le corridor du Henares.
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L’activité de l’aéroport de Barajas, qui demeure une source importante d’émissions.
À cela s’ajoute un facteur climatique clé : 2024 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées dans la région. Ce lien entre températures élevées et pollution montre comment le changement climatique aggrave les problèmes de qualité de l’air urbain.
Réponse institutionnelle et lacunes
La législation impose l’élaboration de plans d’amélioration de la qualité de l’air, mais beaucoup restent inachevés ou n’incluent pas de mesures spécifiques contre l’ozone.
Les zones à faibles émissions mises en place à Madrid ont montré une efficacité limitée, ce qui a conduit à des recours judiciaires pour exiger une action plus ferme.
Impact sur la santé et l’économie
La pollution atmosphérique constitue un grave problème de santé publique. En Espagne, environ 30 000 décès annuels sont liés à la mauvaise qualité de l’air, dont environ 5 400 en Communauté de Madrid.
Le coût économique dépasse 50 milliards d’euros par an, soit près de 3,5 % du PIB national.
Les enfants parmi les plus vulnérables
Les niveaux de pollution mesurés aux abords des écoles dépassent souvent ceux des stations officielles, exposant particulièrement les enfants, dont les poumons sont encore en développement.
Conclusion et appel à l’action
Le bilan de 2024 est clair : la pollution de l’air à Madrid reste une urgence sanitaire et environnementale.
Pour avancer vers un avenir plus sain, Madrid devra renforcer ses politiques publiques et protéger les populations les plus vulnérables.



