Les réserves d’eau en Espagne tombent à 75,3 % de leur capacité mais restent supérieures à la moyenne
Les réserves d’eau en Espagne poursuivent leur baisse avec l’arrivée des fortes chaleurs estivales, mais la situation demeure nettement plus favorable que lors des dernières années. Selon les dernières données publiées par le ministère espagnol de la Transition écologique et du Défi démographique (MITECO), les barrages espagnols sont actuellement remplis à 75,3 % de leur capacité totale, après une diminution hebdomadaire de 1 007 hectomètres cubes (hm³).
Au total, les réservoirs espagnols stockent 42 192 hm³ d’eau, un volume qui reste largement suffisant pour répondre aux besoins domestiques, agricoles, industriels et environnementaux durant la saison estivale. Cette quantité est sensiblement supérieure à celle enregistrée à la même période l’an dernier ainsi qu’à la moyenne observée au cours des dix dernières années.
Même si la tendance est à la baisse, les réserves hydriques offrent encore une marge de sécurité confortable. L’évolution des températures et des précipitations au cours des prochaines semaines sera toutefois déterminante pour connaître l’ampleur de la diminution d’ici la fin de l’été.
Les fortes chaleurs accélèrent la diminution des réserves
La baisse des réserves pendant l’été est un phénomène habituel en Espagne. Les températures élevées favorisent l’évaporation de l’eau stockée dans les barrages, tandis que la consommation augmente sous l’effet des besoins des ménages, de l’irrigation agricole, du tourisme et des activités économiques.
Au cours de la dernière semaine, les précipitations se sont principalement concentrées sur la façade atlantique, alors que la majeure partie du littoral méditerranéen a connu un temps largement sec.
La plus forte pluviométrie a été enregistrée à Saint-Jacques-de-Compostelle, avec 51,8 millimètres de pluie. Ces précipitations sont néanmoins restées insuffisantes pour compenser les pertes enregistrées dans la plupart des bassins hydrographiques du pays.
Au final, les réserves nationales ont diminué de 1,8 % en une semaine, une évolution considérée comme normale à cette période de l’année.
Le bassin de l’Èbre enregistre la plus forte baisse
L’évolution des réserves varie fortement selon les bassins hydrographiques.
Le bassin de l’Èbre affiche la diminution la plus importante avec une baisse de 3,4 % de son volume stocké.
Il est suivi par :
- le bassin du Douro : -2,7 % ;
- le Cantabrique occidental : -2,4 % ;
- le bassin Miño-Sil : -2,4 %.
D’autres bassins importants, notamment le Tage, le Guadiana, le Guadalquivir, Galicia Costa, Guadalete-Barbate, Tinto-Odiel-Piedras, le bassin méditerranéen andalou, le Júcar, le Segura et les bassins internes de Catalogne, enregistrent également des diminutions comprises entre 1 % et 2 %.
Ces évolutions traduisent les effets combinés de la chaleur, de la hausse de la consommation d’eau et du manque de précipitations dans une grande partie du territoire.
Deux bassins seulement conservent des niveaux stables
Parmi les principales zones hydrographiques espagnoles, seules deux ont réussi à maintenir des réserves pratiquement inchangées.
Les bassins internes du Pays basque restent à 85,7 % de leur capacité, tandis que le Cantabrique oriental demeure stable à 78,1 %.
Ces régions bénéficient de précipitations plus régulières que le reste du pays, illustrant les importantes différences climatiques entre le nord atlantique et les régions méditerranéennes.
Niveau actuel des réserves par bassin
Les données publiées par le MITECO indiquent les niveaux suivants :
- Cantabrique oriental : 78,1 % ;
- Cantabrique occidental : 79,8 % ;
- Miño-Sil : 76,0 % ;
- Galicia Costa : 65,8 % ;
- Bassins internes du Pays basque : 85,7 % ;
- Douro : 78,6 % ;
- Tage : 69,7 % ;
- Guadiana : 79,4 % ;
- Tinto, Odiel et Piedras : 79,5 % ;
- Guadalete-Barbate : 82,9 % ;
- Guadalquivir : 80,4 % ;
- Bassin méditerranéen andalou : 73,0 % ;
- Segura : 57,2 % ;
- Júcar : 62,4 % ;
- Èbre : 74,8 % ;
- Bassins internes de Catalogne : 87,9 %.
Malgré les écarts entre les différentes régions, aucun grand bassin hydrographique ne se trouve actuellement dans une situation critique.
Le bassin du Segura reste le plus vulnérable
Comme les années précédentes, le bassin du Segura demeure celui qui présente le niveau de remplissage le plus faible, avec 57,2 % de sa capacité.
Toutefois, cette valeur reste nettement supérieure à celles observées lors des épisodes de sécheresse les plus sévères de la dernière décennie.
Les réserves actuelles permettent d’assurer l’approvisionnement en eau potable sans restrictions généralisées, même si leur évolution dépendra largement des précipitations attendues au cours des prochaines semaines.
Les bassins du Júcar et de Galicia Costa affichent également des niveaux inférieurs à la moyenne nationale, mais disposent encore de ressources suffisantes.
Des réserves largement supérieures à celles de l’an dernier
L’un des éléments les plus positifs du dernier rapport réside dans la comparaison avec les années précédentes.
Les barrages espagnols stockent actuellement 3 119 hm³ de plus qu’à la même période l’an dernier, grâce aux abondantes précipitations enregistrées pendant l’automne, l’hiver et le printemps.
Les réserves dépassent également de 9 645 hm³ la moyenne des dix dernières années, ce qui confirme une nette amélioration après plusieurs années marquées par des épisodes de sécheresse prolongée.
Cette situation offre davantage de sécurité pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation agricole, la production hydroélectrique et la préservation des écosystèmes.
L’évolution de l’été sera déterminante
La diminution des réserves au cours des mois de juillet et d’août reste un phénomène saisonnier normal. Toutefois, l’intensité des températures et le manque de précipitations pourraient accélérer cette tendance.
Si la chaleur persiste, notamment dans les régions méditerranéennes, les réserves devraient continuer à diminuer au fil des semaines.
À l’inverse, des épisodes pluvieux en fin d’été pourraient ralentir cette baisse et permettre à de nombreux bassins de terminer la saison avec des niveaux largement supérieurs à ceux observés ces dernières années.
Pour l’heure, l’Espagne aborde le cœur de l’été avec des réserves d’eau particulièrement solides. Malgré une perte de plus de 1 000 hm³ en une semaine, les barrages du pays disposent encore d’un volume important, garantissant l’approvisionnement en eau des populations, de l’agriculture et des activités économiques, tout en restant sous la surveillance des autorités hydrologiques.



